UNESSA décrypte l'actualité

Dans le cadre des réformes hospitalières et budgétaires qui impactent le secteur, UNESSA décrypte certaines idées reçues...


Les hôpitaux se montrent de plus en plus « créatifs » pour engranger des recettes supplémentaires (sur le dos des patients)

On entend

"Les hôpitaux se montrent de plus en plus « créatifs » pour engranger des recettes supplémentaires"

Vraiment ?
Outre les suppléments d’honoraires, les hôpitaux bouclent-ils leurs budgets grâce à des suppléments de confort comptés d’office aux patients ?

care550.jpg

UNESSA décrypte


Les hôpitaux généraux belges ne vont pas bien. La dernière étude sur la santé financière du secteur hospitalier de Belfius le prouve en suffisance. A Bruxelles et en Wallonie, un hôpital sur deux est dans le rouge… Suppléments compris.

Services de confort
En ce qui concerne les suppléments de confort (frigo, WIFI, téléphone, télévision…), non, ils ne sont pas comptés d’office aux patients hospitalisés. Ces différents services sont soumis à leur libre choix. Les hôpitaux ont l’obligation d’informer les patients du coûts de ces accommodations dans leurs déclarations d’admission. Une liste complète des tarifs est par ailleurs consultable sur simple demande.

Suppléments d’honoraires vitaux
Quant aux suppléments d’honoraires, même s'ils ne représentent "que" 5% des recettes globales des hôpitaux, ils sont vitaux car ces derniers font face à un déficit structurel de financement. En outre en cinq ans, leur budget a été amputé d’environ un milliard d'EUR d’économies par le fédéral. Le secteur hospitalier a été relégué au rang de variable d’ajustement budgétaire !

Or, les hôpitaux doivent continuer à investir, ne fut-ce que pour répondre aux (nouvelles) normes auxquelles ils sont soumis, pour renouveler leur matériel ou encore, pour assurer l’ensemble de leurs missions.

Libre choix du patient
La chambre privée est un choix du patient. Mais les suppléments qui y sont comptés profitent à l’ensemble de l’hôpital, y compris aux patients en chambres doubles ou communes qui n’en payent aucun. Les suppléments d’honoraires sont donc aussi un mécanisme de solidarité intra-hospitalier.

Rattrapage en Flandre ?
Les suppléments d’honoraires sont, globalement, plus faibles en Flandre. De fait. Mais les hôpitaux y comptent plus de chambres privées et un nombre de nuitées plus important. C’est donc logique. Mais Signalons toutefois que le dernier baromètre hospitalier de la MC révèle que de janvier 2017 à juin 2018, sur les 20 hôpitaux ayant augmenté le montant maximal de leurs suppléments d’honoraires, seul trois sont situés en Wallonie et un seul à Bruxelles (page 58 du 14e baromètre hospitalier de la MC). Serait-ce le signal d’un début de « rattrapage » au Nord du pays ?

UNESSA estime que la proposition de la MC de supprimer les suppléments d’honoraires pour tous types de chambres n’est réaliste que dans le cadre d’un examen global de la question du financement des hôpitaux. 

En outre, UNESSA pense que si tout le monde s’accorde à dire que la suppression des suppléments d’honoraires vise à soulager les patients, il faut alors être complet et se pencher sur tous les suppléments, y compris ceux pratiqués par les médecins non-conventionnés en ambulatoire. Cela revient, de fait, à pratiquer une politique de suppléments, encore moins contrôlée que les suppléments d’honoraires hospitaliers ! Dès lors dans l’intérêt du patient, si l’on veut éviter une vague de déconventionnements et une migration des consultations hospitalières vers le « privé » suite à la suppression des suppléments à l'hôpital, il s’agit d’une perspective à ne pas perdre de vue.

UNESSA estime donc qu’une telle suppression nécessite aussi une adaptation de la nomenclature médicale. Si la fin des suppléments fait émerger plus de transparence, la rémunération des médecins en sera modifiée. Or, personne n’a encore eu le courage de toucher à cette nomenclature depuis 25 ans.

 

Back to Top