« Fermetures » d’hôpitaux : fake news selon UNESSA

17/02/2025 - À en croire d’aucun, la Wallonie se verrait amputée d’une vingtaine d’hôpitaux qui ne fonctionneraient plus qu’en journée. UNESSA entend couper les ailes à ce canard. C’est, au pire, une fake news, au mieux une mécompréhension totale du travail en cours.


La rumeur enfle depuis ce weekend. À en croire d’aucun, la Wallonie se verrait amputée d’une vingtaine d’hôpitaux qui ne fonctionneraient plus qu’en journée. Fin des services d’urgence 24h/24 et de l’hospitalisation de nuit dans les établissements visés. UNESSA entend couper les ailes à ce canard. C’est, au pire, une fake news, au mieux une mécompréhension totale du travail en cours.

 
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La situation des soins de santé est sous pression, personne ne dira le contraire. Une réforme est nécessaire et le secteur y travaille en collaboration avec les autorités compétentes. Le secteur hospitalier actuel doit, en effet, relever plusieurs défis : 
  • Vétusté des bâtis
  • Manque d’attractivité de certains sites pour les patients et/ou les professionnels de santé
  • Adaptation des structures hospitalières à l’évolution des pratiques médicales (grâce notamment aux progrès technologiques), vers de plus en plus d’interventions en hospitalisation de jour. 
  • Concurrence forte entre sites hospitaliers. En Belgique, il y a presqu’autant de piscines publiques que d’hôpitaux… 
Deux approches
Pour Philippe Devos, Directeur général de la fédération UNESSA : « De nombreux hôpitaux relèvent ces défis via des sites hospitaliers plus grands, plus modernes et mieux adaptés. Ils rassemblent deux ou plusieurs anciens sites, souvent dans le cadre de la politique des réseaux hospitaliers locorégionaux, dont c’était un des objectifs. On ne fait d’ailleurs pas autrement à l’international. » 
 
« Une autre approche reste néanmoins possible. On conserverait des sites de proximité mais plus attractifs et efficaces en proposant une offre de soins focalisée sur les cohortes de populations couvertes.  Ce n’est actuellement pas légalement possible. Et c’est dans ce cadre que, voici trois ans, le ministre Vandenbroucke a proposé une réforme de la répartition géographique des hôpitaux et de leurs fonctionnalités. » poursuit Philippe Devos. 
 
Unanimité sectorielle
Cette réforme a été unanimement bien accueillie : toutes les fédérations hospitalières, toutes les mutualités et tous les syndicats médicaux du pays y sont favorables. En effet, le défi du vieillissement de la population va mettre une pression supplémentaire sur notre système de soins. Une réforme courageuse des missions et des sites hospitaliers s’impose donc. 
 
Depuis deux ans, le cabinet Vandenbroucke avance dans la concertation avec les fédérations hospitalières sur le sujet. L’écoute nous semble réelle. Plusieurs principes généraux ont été formalisés tels que, par exemple, le fait qu’aucun Belge ne devrait faire plus de 20 minutes d’ambulance pour se rendre dans un service d’urgence, de jour comme de nuit.
 
Sur base de ce seul principe, la liste des sites voués à n’ouvrir qu’en journée est fantaisiste. 
 
Engagement
En outre voici dix jours, les fédérations hospitalières ont reçu l’engagement formel du ministre Vandenbroucke: une concertation forte avec l’ensemble du secteur à propos du paysage hospitalier reste bien à l’ordre du jour. UNESSA se réjouit d’ailleurs de cet engagement du ministre, gage d’une conciliation constructive entre vision politique et réalité pragmatique de terrain. 
 
Vu ces éléments et jusqu’à preuve du contraire, UNESSA considère les informations propagées ce weekend comme au pire des fake news, au mieux une mécompréhension totale du travail en cours. 
 
Et le Directeur général d’UNESSA de conclure : « On pourrait ne pas relever cette sortie irresponsable si elle n’avait pas généré une inquiétude profonde chez les soignants et les patients. Pourquoi leur faire subir cela ? Pourquoi encore faire monter la tension ?»
 


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